Femme et Pouvoir

Conception d’une maquette de présentation pour l’édition du livre Femme et Pouvoir et rédaction des portraits

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Ecriture des portraits/entrevues : chaque portrait retranscrit la vision de l’exercice du pouvoir à travers le regard d’une femme influente. Dirigeantes, femmes politiques, auteures, artistes… Les interviews ont été retransmises à la télévision dans une émission éponyme, réalisée et présentée par Carole Da Silva, initiatrice du projet, dirigeante de l’AFIP et fondatrice d’ International Collaborative Foundation.

Ma mission :

  • Concevoir une première maquette pour le livre (il ne s’agit pas de la maquette finale mais d’une présentation du projet aux maisons d’édition).
  • Ecrire les portraits, synthétiser et retranscrire les propos, idées et messages portés par chaque femme.
  • Concevoir le site web accueillant l’ensemble du projet, permettant de visionner les interviews, consulter la galerie photos, les actualités et lire les portraits.
  • Créer une collection de goodies personnalisés et une boutique en ligne.

Visiter le site Femme et Pouvoir

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EXTRAIT : Rama Yade

« Le pouvoir est un instrument par lequel on agit »

Pour Rama Yade le pouvoir ne se suffit pas à lui-même, il est à la fois la capacité de changer la vie et d’améliorer celle des hommes et des femmes qui peuplent notre planète, la capacité de s’élever au dessus de soi pour servir quelque chose de plus grand. Loin d’être une finalité, le pouvoir est un instrument par lequel on agit. A travers son expérience au coeur du pouvoir, notamment au sein du gouvernement, elle nous livre sa vision des différents combats et enjeux sociétaux actuels et à venir pour notre pays. Attachée à ses racines africaines, elle en porte le symbole au poignet depuis sa naissance, un bracelet traditionnel en argent, et exprime sa volonté de ne se fixer aucune limite, invitant les plus jeunes à faire de même, quelles que soient leur origines et conditions sociales.

La politique n’est plus le lieu de l’exercice du pouvoir

Alors que l’on associe aisément politique et pouvoir, Rama Yade rapporte que la réalité est toute autre. “La politique n’est plus le lieu de l’exercice du pouvoir”, tel est le constat de cette ancienne étudiante de Sciences Po. Où se trouve-t-il alors ? “Il est dans l’économie. Il n’est même plus en France, il est à l’étranger. “ C’est la raison pour laquelle de nombreux diplômés de cette même école partent s’engager ailleurs, et plus loin, dans la finance et hors de nos frontières.

Le sexisme en col blanc, une délinquance qui s’assume

Dans son livre “Anthologie du machisme en politique”, traitant des femmes engagées en politique et de leur manière d’appréhender le pouvoir, Rama Yade évoque les remarques machistes, le sexisme en col blanc, cette “délinquance qui s’assume” à laquelle elles sont confrontées, surprises que les remarques sur le style vestimentaire et que les petites vexations sur la condition féminine puissent encore exister. Le combat est donc loin d’être terminé.

La femme qui dit non

C’est en évoquant une couverture de magazine la représentant et portant le titre de “La femme qui dit non”, qu’elle ironise sur l’ambiguïté d’une telle formule. Qu’est-ce que cela signifie ? L’idée d’une rébellion, d’un caprice, d’un manque de maîtrise ? Le pouvoir ne s’appréhende pas de la même manière que l’on soit un homme ou une femme. Et pourtant c’est vrai, elle est en quelque sorte une femme qui dit non : rétive par nature à tout ce qui est trop féminin dans l’apparat – les vêtements, le maquillage – elle se préoccupe davantage à être écoutée plutôt que regardée. Elle dit aussi non à l’idée de sacrifier sa vie familiale, sa présence auprès de sa petite fille : “Quand elle allait à la crèche je tenais à être la première à aller la chercher à la sortie”.

Partir de rien et arriver à toucher les étoiles

Elle aimerait dire aux jeunes qu’il n’y a pas de limites, que l’on peut rêver de ce à quoi on aspire et déteste l’idée des plafonds de verre que la société impose à certaines parties de la population : les jeunes, les femmes, les personnes “issues de…”, comme on dit. Cette limitation est encore plus nocive quand on se l’impose à soi-même. Candidate aux élections présidentielles de 2017, elle insiste : “Si, si, on peut être président de la République quand on n’est pas né en France et que l’on est devenu français à l’âge de 21 ans”. Ce à quoi on serait tenté d’ajouter : “et que l’on est une femme ?” Pour elle, c’est l’essence même du projet Républicain qu’elle porte : que l’on n’ait pas à s’interdire des choses, qui qu’on soit et d’où que l’on vienne.

L’apartheid scolaire, un mépris social

Sur le sujet de la diversité au sein des entreprises, Rama Yade pointe du doigt deux tabous responsables du taux de chômage des jeunes issus des quartiers populaires. La discrimination au faciès et l’apartheid scolaire, le mépris social : “On a dit un moment que les fils d’ouvriers n’étaient pas capables de comprendre Balzac, donc on va leur apprendre à lire sur des notices d’électroménagers, on leur fait parler d’Harry Potter là où il faudrait du Racine, on les ouvre aux arts de la rue là où il faudrait du latin.” Par ailleurs, au delà de la volonté de parvenir à l’égalité entre les citoyens, pour Rama Yade il est essentiel de garder sa propre identité. Car bien qu’il soit souvent difficile de se trouver soi-même, “il n’y a rien de pire que de vouloir mettre son pied dans une chaussure qui n’est pas à votre taille”.